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Le MIT veut extraire du lithium pour beaucoup moins cher

Par Vincent Lautier - Publié le

Pour tirer le lithium d'une roche comme le spodumène, on la chauffe aujourd'hui au-delà de 1 000 degrés avant de l'attaquer à l'acide. Des chercheurs du MIT viennent de montrer qu'on peut s'en passer, en dissolvant le minerai à température ambiante avec un réactif vendu en magasin de bricolage. Moitié moins cher, et quasiment zéro déchet à la sortie.

Le MIT veut extraire du lithium pour beaucoup moins cher


Une recette partie d'une crème à graver le verre



Le spodumène est la roche dont provient l'essentiel du lithium minier de la planète, et la voie classique n'a jamais été tendre, entre les fours à plus de 1 000 degrés et l'attaque à l'acide qui plombent quand même sérieusement la facture énergétique. Yet-Ming Chiang, professeur au MIT, raconte s'être souvenu d'un détail vieux de vingt-cinq ans, quand il avait dépoli les vitres de sa salle de bain avec une crème à graver le verre dont le principe actif est le fluorure d'ammonium. Son équipe a mélangé ce même fluorure à de l'eau, et le liquide a tout simplement dissous le spodumène sans aucun passage au four. Les travaux ont été publiés le 28 mai 2026 dans la revue Science.

Le MIT veut extraire du lithium pour beaucoup moins cher


Trois produits récupérés, presque rien à jeter



La réaction se déroule dans de simples cuves agitées, à 95 degrés grand maximum, et tourne en circuit fermé puisque le fluorure d'ammonium est récupéré puis réinjecté, ce qui ramène les déchets près de zéro. On ne récupère d'ailleurs pas que du lithium. La méthode sort trois matières valorisables d'un coup : du carbonate de lithium pour les batteries, de l'alumine pour l'aluminium et de la silice prête pour le ciment. Benjamin Mowbray, cofondateur de la start-up qui exploite le brevet, dit avoir déjà ramené le temps de traitement sous les douze heures.

Moitié moins cher, et un sérieux enjeu géopolitique



L'équipe vise un lithium produit pour moins de 6 000 dollars la tonne, soit deux fois moins que les procédés actuels sur roche dure. C'est la jeune pousse Rock Zero qui doit l'industrialiser, avec une installation visée fin 2026 et une mise en service en 2027. L'enjeu n'est pas que technique, parce qu'aujourd'hui c'est la Chine qui domine le raffinage mondial du lithium, et une méthode bon marché capable de tourner ailleurs change quand même un peu la donne.

On en dit quoi ?



Sur le papier, l'idée a tout pour plaire, puisqu'on remplace un four à 1 000 degrés par une cuve tiède et qu'on revend même les résidus. Sauf qu'entre une démo validée dans Science et une usine qui crache des tonnes par jour, il y a un monde. Et le calendrier 2027 paraît un peu optimiste, tant les annonces de lithium miracle se sont multipliées sans suite. Mais l'angle économique est solide, et c'est souvent le coût, plus que l'écologie, qui décide du sort de ce genre de procédé.